la chambre

la chambre
lieu expérimental pour deux habitantes, bois recyclé, fenêtres recyclées, parpaings, tôles, palettes de bois.

« La cabane est un laboratoire, une paillasse où précipiter ses désirs de liberté, de silence et de solitude. Un champ expérimental où s’inventer une vie ralentie. »

Extrait de Dans les forêts de Sibérie, (page 49)
Sylvain Tesson, Édition Gallimard, 2018.

Matériaux de construction

bois (bardage, étagères, sommiers;
tôle;
fenêtres double vitrage;
rideaux en laine isolants;
câbles aciers avec tire-forts et double serre-câble;
bâche œilletée;


porte-manteaux, crochets;
vis et écrous, clous, équerres métalliques,
charnières;
palettes;
poutrelles;
parpaings (appuis au sol).

Liste des indispensables

couteaux;
scie japonaise;
filets provisions (rangement);
boites rangement;
batterie de cuisine;
bassines et seaux;
torchons et chiffons, mouchoirs;
provisions;
savon d’Alep à 20% pour corps et lessive;
duvet, oreiller, draps;
serviettes de toilette, gants, éponges;
chaussures de marche, vêtements de pluie;
lainages et cotonnades;
livres;


carnets, papier, cartonnette;
encres, stylos, crayons, feutres;
précis de botanique comestible, « la cuisine des bergers et des randonneurs »;
jumelles;
frontales et piles;
lampes-tempête solaires avec recharge usb;
enregistreur numérique, carte;
polaroïd + péloches, timbres;
papier 200g, cutter, plaque de découpe;
téléphones, chargeurs;
outils de base (marteau, tournevis, scie, pince, clous et vis);
ficelle, gaffeur et sangles;
pinces à linge, fil;
balai, pelle de ménage, pelle à neige;
thermos, assiettes, couverts, verres.

Édition Sana #3
Création graphique : Adeline Raibon et Sandra Moreaux

passe-montagne

passe-montagne

Au commencement, il y avait des dessins, des mots et des phrases sur les murs de l’hôpital en ruine, tels des messages rupestres laissés par les derniers occupants des lieux qui disaient la révolte et le chagrin au moment de partir. Puis une exploration sonore du bâtiment, la résonance des voix dans les volumes de ses espaces aux quatre vents. Et puis le vécu des musiciens qui avaient joué avec les patients de l’hôpital avant la délocalisation.
Et la rencontre avec des habitants, des soignants et d’anciens usagers, des paroles de témoins enregistrées. Et aussi des textes d’archives revisitées. Et encore les chants d’autres peuples des montagnes, répertoire musical de Véronika. Et surtout un chœur de 30 personnes, elles-mêmes habitantes du plateau ou de la vallée ou de la montagne en face, tout.e.s ayant un lien intime avec le lieu.
À la fin, le désir de faire écho au souffle, aux murmures et aux cris passés.
Une polyphonie pour pousser un chant collectif comme un rituel d’adieu.

traversée

Traversée

Depuis quelques temps la zone est un chantier interdit au public. L’équipée artistique pensait travailler sur une disparition il s’agit en fait d’une suspension : un moment trouble entre deux états des lieux, un espace ambigu entre apparition et disparition, soit une transformation qui modifie la zone.

À longueur de veillées, les chandelles de paroles autour du temps mort ne réparent pas complètement le traumatisme de la délocalisation. 

Ces soirées entre habitants et artistes ont fait résonner l’écho de la plainte devant la maison brûlée. 

De toutes ces veillées, se sont levées des cartes et la nécessité de marcher dans cette zone interdite. Marcher collectivement selon des modalités sensibles, dépaysantes et peut-être thérapeutiques.

Traverser le paysage actuel pour dépayser l’expérience passée. Marcher les yeux fermés pour décaler le regard. Entrer dans la zone interdite pour ouvrir l’espace imaginaire. Explorer des lieux oubliés pour revisiter la mémoire en friche. Penser l’histoire collectivement pour panser la blessure de chacun.e.